Ma génération est lasse de la politique. Elle vote peu et ne s’engage plus, non par choix, mais par dépit. Les jeunes ont bien des idées et des rêves, mais plus personne pour les porter. Ils ont bien des valeurs et des ambitions, mais qui ne trouvent plus aucun écho dans de vieux partis, de vieilles institutions et des idées d’un autre âge. Lorsqu’on prend la peine de les interroger, ils disent comme Brossolette en 1933 : « Non, nous n’avons pas été battus par la mollesse de notre effort ou par le vice de nos idées. Nous avons été battus par les vieillards et parce que le gouvernement de ce pays a été laissé aux vieillards. »1 Nos rangs sont ravagés par le désenchantement. L’attente silencieuse de la jeunesse, qui laisse la place aux expressions minoritaires du fascisme rampant, résonne comme un appel au changement.

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  1. Pierre Brossolette, « Pour les moins de trente ans d’aujourd’hui », Notre Temps, 2-9 juillet 1933. []