« Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton œil bleu ! »

Arthur Rimbaud, Ophélie

Alix courrait au clair de lune ; c’était un soir calme d’été. La bise léchait ses écorchures. À demi-nue, la peau bleutée, répandant loin son ombre comme la traîne d’une mariée, on aurait dit un spectre. Seule l’empreinte de ses pas dans le sable mouillé témoignait encore de son corps blessé. À l’évidence, la singularité de son errance l’avait déjà ôtée, un peu, du monde des vivants. Du haut de la falaise, on ne distinguait pas les traits de son visage, ni son but ni son départ, ni les larmes. Ni les blisters vides au bas du lit.

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