Mois : mai 2010

Voile intégral sur la Liberté

« La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Article IV de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

Faut-il interdire le voile intégral ? Voilà la question qui agite à outrance, depuis des mois, notre petit monde médiatique. Pourtant, le problème semble bien vite tranché ; que l’on soit député communiste ou chef de file UMP ; que l’ont soit philosophe ou militante féministe, tous disent : il faut sévir ! Tous crient au scandale, et tous réclament l’interdiction pure et simple de ces prisons de tissu. Que faire, dès lors, face à ce consensus sapientium d’un nouveau genre ? Le comprendre, avant de le briser et de le dépasser : car si le voile intégral est une mainmise choquante de certains courants musulmans sur les femmes, c’est au mépris de la liberté que nous l’interdirions. Car n’est-ce pas, au fond, l’un des droits les plus fondamentaux que de pouvoir être imbécile ?

Le voile intégral est révoltant. Il n’est pas, comme on l’entend souvent dans les simplifications éhontées de nos « débats » télévisuels ou journalistiques, un quelconque commandement coranique. On a trop souvent tendance à comparer les religions entre elles : l’Église catholique, contrôlée au Vatican et, donc, au dogme unique n’a rien à voir avec l’Islam qui réunit différents courants ; différentes interprétations du Coran ; différentes Écoles. Certains de ces courants prônent le voile intégral ; le voile est donc le fait de ces courants, et non de la religion musulmane, nous devons garder cela à l’esprit. Pour autant, s’il n’est absolument pas nécessaire aux musulmanes de se voiler intégralement, les quelques-unes qui le font revendiquent l’origine religieuse de leur comportement. Par là, le voile intégral est une métaphore du joug qu’impose toute religion à ses fidèles, un abaissement aussi de la femme qui s’y cache : il est donc choquant parce que religieux, et choquant parce que rabaissant la femme. La croyante est enfermée dans cette véritable prison de tissu qui masque son visage, qui masque son humanité même : il n’est plus possible de croiser son regard, de voir ses lèvres s’agiter lorsqu’elle parle, ni même d’observer ses traits et ses expressions. Ne plus pouvoir se noyer dans les yeux d’une femme, se perdre dans ses iris, ivre d’un bleu pastel ou d’un marron profond est profondément triste… Le voile masque ainsi en la femme toute lueur d’humanité, la changeant en un fantôme froid, lugubre et noir comme les ténèbres de l’obscurantisme ; les femmes voilées ne sont plus tout à fait vivantes. Ces poupées de chiffon sombre s’agitent, certes, mais ne suscitent en nous qu’un sentiment de rejet, de révulsion… Le voile personnifie le joug du Coran et, in extenso, de toute forme de religion ; il symbolise par une geôle tissée la prison psychologique, la prison morale, la prison de la pensée que constitue toute croyance. Et par là même, ces femmes qui s’enferment renient et rejettent leur condition de femme ; l’abandonnent à leur Dieu, à leur religion, à leur mari. C’est triste, assurément ; c’est déprimant de l’espèce humaine, sans doute, mais il ne s’agit là, ni plus ni moins, que d’une expression de leur liberté.

La servitude volontaire qu’est le voile intégral est donc une manifestation de Liberté ; nous ne pouvons pas concevoir qu’une liberté, parce qu’elle ne nous plaît pas, doive être supprimée, seulement parce qu’elle ne nous plaît pas. On peut être révulsés par ces fantômes de femmes, pour autant elles sont libres de se vêtir comme elles le veulent. Je suis révulsé, moi, de croiser des prêtres en soutanes ; des hommes couverts d’une kippa ; je suis désespéré chaque fois que je croise un croyant, mais je ne prône pourtant pas l’interdiction de la kippa, de la soutane, ou de la croyance. Je ne veux pas raser le Vatican pour y établir un élevage de serpents ; je ne veux pas interdire les religions non plus, car chacun est libre de faire ce qu’il veut, ce qui lui plaît, ce qui le comble. Nous pouvons, si nous sommes libres, jouir d’un droit à être imbécile ; interdire tout ce avec quoi nous ne sommes pas d’accord, toutes les libertés qui ne nous enthousiasment pas a un nom : cela s’appelle une dictature, dont l’Histoire du XXème siècle est riche d’exemples. C’est cela que traduit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Qu’est-ce qui fonderait, alors, une interdiction ? En quoi le voile intégral troublerait-il l’ordre public ; en quoi serait-il dangereux ? Dans une tribune parue dans Le Monde, intitulée « Interdiction intégrale, danger pour l’intégrité des libertés », le professeur de droit Jean-Louis Halpérin décrit clairement la situation :

« Aucune réponse convaincante n’a été apportée à cette question : le voile intégral n’est pas une arme qui peut tuer ou blesser et, s’il s’agit de se protéger contre toutes les manières de dissimuler une arme (ou une bombe), la liste est longue des manteaux, couvre-chefs, chaussures, sacoches et bagages qu’il faudrait interdire. »

Car, au fond de ce problème, il n’y a rien : le voile intégral n’est pas dangereux. Pourquoi donc, dès lors, l’interdire ? On entend souvent parler de dignité de la femme. Eh quoi ! Si elle consent librement à porter un voile intégral, c’est qu’elle consent librement à sacrifier sa dignité. Du moment que la décision vient d’elle, qu’elle est prise librement, elle est incontestable sur le plan juridique ; on n’interdit pas non plus le port de symboles anti-républicains. La liberté se fonde sur une certaine tolérance : les autres peuvent jouir de leur liberté de manière différente ; ma liberté n’est pas celle de tous, sans pour autant qu’elle soit la seule qui vaille. Ne cédons pas aux sirènes d’un totalitarisme de la liberté. La décision de porter un voile intégral, si elle est librement prise, ne regarde donc pas l’État : l’interdire serait bafouer les droits de l’Homme et, surtout, se foutre de la Liberté. C’est ce que souligne un éditorial du New York Time intitulé « The Taliban Would Applaud », et publié en janvier de cette année : (souligné par nous)

« It is easy to see that a woman’s human rights are violated when a government requires her to wrap her body and face in an all-concealing veil, as the Taliban used to do when it ran Afghanistan. It should be just as easy to see the violation when a French parliamentary panel recommends, as it did this week, barring women who wear such veils - the burqa and the niqab - from using public services, including schools, hospitals and public transportation. (Muslim head scarves have been banned from public school classrooms since 2004.)

People must be free to make these decisions for themselves, not have them imposed by governments or enforced by the police. »1

Cependant, il est un cas où la loi est nécessaire : celui où le voile est imposé à la femme, lorsqu’un mari violent impose par la force ou la menace à sa femme de se couvrir d’une burqa ou d’un niqab. Mais pour ce cas, point n’est besoin d’une nouvelle loi ; les violences contre sa conjointe sont punies de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amende (article 222-13, 6° du code pénal), de même que la menace de violence envers sa conjointe afin qu’elle porte un voile intégral est punie, elle aussi, de 3 années de prison et de 45 000 euros d’amende, peine portée à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende en cas de menace de mort (article 222-18 du code pénal). Il faut protéger les femmes ; il faut qu’elles puissent dire non. Et le cadre légal actuel le leur permet déjà.

Voyons donc, dès lors, ce que dispose la loi inutile et liberticide que s’apprêtent à voter nos députés. Le Figaro rapporte, dans un article intitulé « Burqa : des amendes allant de 150 euros à 15 000 euros », le contenu de cette loi qui devrait être soumise au conseil des ministres le 19 mai prochain. Elle serait composée de deux articles, le premier disposant que « nul ne peut dans l’espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage », et punissant d’une contravention de deuxième classe de 150 euros le non-respect de cette disposition avec comme peine alternative ou complémentaire un stage de citoyenneté ; le deuxième créant le nouveau délit d‘« instigation à dissimuler son visage en raison de son sexe », c’est-à-dire le fait d’imposer à une femme le port d’une tenue masquant complètement son visage, puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Cette loi est le ridicule quintessencié. Selon un « proche du dossier » cité par Le Figaro, elle « n’est pas faite pour protéger la société française de l’islamisme mais bien les femmes et leurs droits » ; les femmes voilées que l’on cherche à protéger, on leur inflige donc une contravention, la logique même… Par ailleurs, la peine prévue à l’article 2 est « lourde » ; on cherche à condamner les hommes qui imposent le voile intégral, pour défendre les femmes (que l’on condamne quand même, donc). C’est exactement cela, le bon sens, on applaudit des deux mains, le législateur a enfin vu juste : il condamne le mari qui force sa femme à mettre une burqa ou un niqab par « la violence, la menace, l’abus de pouvoir ou d’autorité » à un an de prison et 15 000 euros d’amende. Sauf que, le fait d’imposer quelque chose à sa femme par la violence ou par la menace, on l’a vu, est déjà puni par la loi, et cela est déjà puni plus lourdement. On est donc là devant une malfaçon juridique choquante : votre bon législateur ne défend pas les femmes, il les enfonce. Notre mari voyou risquait auparavant 3 années de prison et 45 000 euros d’amende (voire 5 ans d’emprisonnement et une amende de 75 000 euros). Avec cette nouvelle loi, il ne sera plus condamné qu’à 15 000 euros d’amende et une année de prison… Pour ce qui est de l’abus de pouvoir ou d’autorité, il n’est pas applicable comme le souligne Maître Eolas sur son blog (qui a d’ailleurs aussi fait remarquer la régression qu’est cette loi) : « Depuis 1965, l’époux n’a plus ni pouvoir ni autorité sur son épouse. Les époux sont strictement égaux en droit. Donc l’époux n’a ni pouvoir ni autorité dont il pourrait abuser. » Pour sûr, les Talibans applaudiraient cet allègement des peines…

Pourquoi donc interdire le voile intégral ? Pour nos « valeurs » ? Soyons sérieux ! La loi n’a pas à rendre les citoyens vertueux, elle n’est là que pour garantir la liberté de tous. La seule exception que l’on a pu faire, et c’est ce que signal Halpérin dans sa tribune, c’est le port de vêtements rappelant des organisations coupables de crimes contre l’humanité. Il est bien évident que la burqa n’en est pas. On se cherche des raisons, des excuses, des arguments ; les promoteurs d’une loi d’interdiction se font, comme l’écrit Nietzsche dans Par-delà bien et mal, « défenseurs astucieux de leurs préjugés qu’ils baptisent du nom de ”vérités” ». L’absence de fondement juridique est même, comble du comble, assumée ! « De toute façon, explique un des auteurs du projet de loi cité par Le Figaro, le Conseil d’État n’a trouvé aucun motif qui permette, selon lui, l’interdiction totale. Donc nous ne sommes pas étendus sur les fondements » : il n’y a pas de fondement qui tienne, donc, nous n’en donnons pas ! Ils se font avocats de leurs rejet viscéral de ces femmes voilées, avocats de leur inconsciente intolérance de cette couverture intégrale. Mais force est de constater l’absence totale de fondement : il n’en est pas qui tienne. Ni les valeurs, ni la dignité des femmes. Seule explication, en fait : l’intolérance, la stigmatisation de l’autre qui n’a pas les mêmes us que nous.

Car cette loi, et toute l’agitation médiatique qui l’entoure, intervient à la suite d’un débat sur l’identité nationale nauséabond. Qu’on le veuille ou non, on continue de stigmatiser les Français issus de l’immigration, qui sont pour la plupart musulmans ; que pensent-ils de la France qui, coup sur coup, crée en 2007 un ministère de l’immigration, lance fin 2009 un débat sur l’identité nationale qui s’est bien vite focalisé sur l’immigration, avec le déferlement de haine libérée et l’expression décomplexée de la xénophobie la plus primaire qu’on a connu, et poursuit, début 2010, en lançant un débat sur une pratique marginale, le port du voile intégral ? On fait d’un comportement qui, de l’aveu même de la direction centrale du renseignement intérieur, ne concerne que 367 femmes en France (environ 2 000 selon le ministère de l’intérieur), une affaire d’État, traduisant un glissement perfide de la France, passant de terre d’asile à terre de méfiance. Et ce, à la veille d’élections régionales. Tout ce pataquès médiatique confirme bien ce qu’avait déjà dit Emmanuel Todd au Monde, interrogé à propos du débat sur l’identité nationale : « Ce que Sarkozy propose, c’est la haine de l’autre. » Le démographe et historien, théoricien de la fracture sociale, poursuit lucidement :

« Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu’elle a été pratiquée avant-guerre. »

On est donc non seulement confronté à une loi inutile qui ne fait qu’empirer la situation, mais aussi à une loi caractéristique de la politique de notre gouvernement, cette « haine de l’autre » dont parle Todd. Je ne peux m’empêcher de me sentir, balloté entre des débats aux relents intolérants sur l’identité nationale et la burqa et des annonces d’expulsions scandaleuses, « en étrange pays, dans mon pays lui-même » (Aragon). Je rêve que l’on puisse persévérer dans la tolérance de la connerie des autres comme eux tolèrent la notre propre ; ne supportent-ils pas, après tout, ces débats nauséeux depuis des mois maintenant ? Et l’on vient s’étonner, ensuite, d’un manque d’intégration… Mais les étrangers ne sont pas les seuls responsables, le sont-ils seulement en partie ? C’est nous qui les stigmatisons, nous qui les « ghettoisons » qui sommes au premier chef coupables de la situation actuelle. Allons par-delà assimilation et association ; voyons quelle richesse culturelle naît de la diversité mélangée ; de la mixité culturelle. Non à une assimilation qui annihile les cultures ; non à un communautarisme divisant la population. Oui à un peuple mosaïque, libre et tolérant.

L’interdiction totale du voile intégral dans l’espace public est donc un scandale pour la Liberté et, comme la propose le projet de loi actuel, une régression des droits des femmes, montrant au passage un exemple des malfaçons juridiques dont sont capables nos législateurs. Cette loi n’est que poudre envoyée aux yeux des électeurs, elle ne fait que raviver la haine entre les Français, prenant les quelques femmes qui se couvrent entièrement comme boucs émissaires. Tandis que l’on parle du voile intégral, on oublie le chômage ; on oublie la crise. On oublie, en fait, les vrais problèmes. N’oublions pas, quant à nous, l’esprit des révolutionnaires Français qui, un certain jour d’août 1789, ont proclamé la Liberté comme un droit fondamental, naturel et imprescriptible de l’Homme. Puissions-nous, de temps en temps, nous souvenir de notre devise ; Liberté Égalité Fraternité, qui ne semble plus guère éclairer la route des gouvernants de notre pays…

Sources et approfondissements :


  1. Traduction personnelle : « Il est aisé de constater à quel point les droits des Femmes sont bafoués lorsqu’un gouvernement, comme les Talibans en Afghanistan avant 2001, leur impose de se voiler intégralement le corps et le visage. De même, il devrait être aisé de voir à quel point certains parlementaires français violent ce droit lorsqu’il proposent, comme ils l’ont fait la semaine passée, d’interdire aux femmes de se voiler intégralement (sous un burqa ou un niqab) pour profiter des services publiques, comme les écoles, les hôpitaux et les transports. (Le voile musulman qui recouvre la tête est lui interdit des écoles publiques depuis 2004).
    Les gens doivent être libres de prendre cette décision eux-même, elle n’a pas a être imposée par un gouvernement ou forcée par la police. »

Facebook & vie privée

On pourrait reprocher bien des choses à cette entreprise de débilisation planétaire qu’est le réseau « social » Facebook. Tout d’abord, la décadence de l’amitié ; ce sentiment d’amour qui naissait envers l’autre « parce que c’était lui, parce que c’était moi » (Montaigne), devient aujourd’hui un vulgaire accord bipartite : parce que je l’ai ajouté, parce qu’il m’a accepté… Vulgarisation déprimante pour l’humaniste que je suis, où l’on coure après son nombre d‘« amis » comme un trader après ses actions, où l’on valide untel et cet autre spontanément, refusant tout aussi promptement, et avec la netteté froide d’une lame de guillotine, cette personne que l’on n’aime pas, comme si l’amitié n’était qu’un état logique, ami ou pas ami ; comme si l’être humain était sans contraste, manichéen, bien ou mal ; noir ou blanc ; ami ou méprisable. L’amitié à la Facebook est vidée de toute substance, et elle est hypocrite : l’argent ne fait pas le bonheur, pas plus que le nombre de faux amis accumulés dans cette course effrénée digne d’un capitalisme des sentiments. Un seul vrai ami engendre un bonheur incommensurable, tandis que la façade du site internet américain n’est qu’un masque de faux-sentiments, une illusion, le fantasme d’une autre vie. On pourrait aussi critiquer la véritable débilisation des utilisateurs, qui s’échangent kyrielle d’ineptes « cadeaux » numériques ; cœurs, points spéciaux, et j’en passe ; qui se complaisent dans des jeux enfantins de gestion de ferme, du genre tamagochi géant, ou d’arcade leur permettant de se confronter les uns les autres ; qui rejoignent des groupes ridicules. Tout cela ne sert à rien, le temps dilapidé sur Facebook est pure perte. Et l’on ne manque pas de s’y ridiculiser par là même.

Mais l’objet de cet article est tout autre : récemment, Matt McKeon a réalisé des diagrammes représentant la politique par défaut de Facebook vis-à-vis de la vie privée de ses utilisateurs, et le résultat est saisissant : Voir l’ensemble des graphiques.

De 2005 à 2010, dans le même temps que le nombre de ses utilisateurs explosait, le réseau a clairement évolué vers une politique vis-à-vis de la vie privée très laxiste, démontrant par là même sa volonté d’en finir avec cette vie privée. Bien sûr, il s’agit là des règles par défaut, et l’on peut sans doute les modifier, mais qu’importe : le fait est là, et choquant.

D’une part, parce que bon nombre des utilisateurs de Facebook sont des néophytes, emportés par la vague de ce réseau « social » sans bien en comprendre tous les tenants et les aboutissants, et il y a fort à parier qu’il ne savent pas tous que leurs informations personnelles sont ainsi éventées, ni qu’il peuvent endiguer un peu cette fuite de leurs données en changeant les réglages. C’est donc insidieux que d’imposer par défaut la publicité des données à des utilisateurs qui ne maîtrisent pas encore ces outils d’un nouveau genre, et qui, sans en avoir conscience, peuvent rendre publiques des informations qui relevaient de la sphère privée. C’est cela que la Cnil dénonce, c’était (déjà…) en janvier 2008 :

« En effet, comme l’utilisateur ne maîtrise pas assez ces nouveaux outils, il apprend trop souvent à s’en servir à ses dépens. Par exemple, même quand l’outil est paramétrable, la configuration par défaut favorise souvent une diffusion très large des données,  si bien que des informations devant rester dans la sphère privée se retrouvent souvent exposées à tous sur Internet.

L’utilisateur n’est donc pas toujours conscient qu’en dévoilant des données sur sa vie privée, ses habitudes de vie, ses loisirs, voire ses opinions politiques ou religieuses, il permet aux sites de se constituer de formidables gisements de données susceptibles ainsi de provoquer de multiples sollicitations commerciales. » (souligné par nous)

Car l’enjeu est bien là : les mêmes qui critiquaient l’instauration des fichiers de police (Edvige, pour n’en citer qu’un), parce qu’ils menaçaient leur intimité, nourrissent parallèlement et inconsciemment un fichier plus vaste encore et sous le contrôle d’une entreprise privée : Facebook. On pouvait notamment lire l’an dernier des commentaires de détectives privés, cités par Libération : « Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou : les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas. […] Il n’empêche, Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La Cnil ne nous met pas des bâtons dans les roues. » Véritable filon économique, ce fichier à faire pâlir FBI et RG est sans doute largement exploité ; que peut-on espérer d’autre d’une entreprise qui possède cette banque de données inestimable et peine à équilibrer son budget ?

D’autre part, et c’est encore plus grave, cette évolution significative de la politique de vie privée traduit une véritable volonté d’en finir. Cette volonté n’est pas une interprétation délirante, elle est assumée par Mark Zuckerberg lui-même qui voit dans la vie privée un concept ringard : « les gens sont à l’aise, nous dit-il, non seulement avec le fait de partager plus d’informations différentes, mais ils sont également plus ouverts, et à plus de personnes. La norme sociale a évoluée ces dernières années. » D’où ces évolutions dangereuses vers moins d’intimité, moins de vie privée, et moins de liberté car, comme a pu le dire Soljenitsyne, « notre liberté se bâtit sur ce qu’autrui ignore de nos existences ». Pire preuve : Facebook s’est doté de groupes de pression ; de lobbies pour les anglophiles, envoyés à Washington et Bruxelles afin d’infléchir les décisions relatives à la vie privée et conduire à l’avènement de la « nouvelle norme Facebook » en la matière, à savoir : la disparition de toute parcelle d’intimité… Cela dénote une véritable méconnaissance des enjeux relatifs à la vie privée, qui n’est pas un délire de juriste moyenâgeux mais bel et bien une condition nécessaire à la liberté, au bonheur : la vie privée est la première des libertés, la liberté primordiale sans laquelle aucune autre ne peut être. À moins que ce ne soit là un comportement tout simplement dicté par les intérêts économiques aveuglants de l’entreprise…

Apparemment, de plus en plus d’utilisateurs désillusionnés (à juste titre) quittent (à juste titre encore) Facebook et, comme le titrait Wired récemment : « Facebook’s Gone Rogue; It’s Time for an Open Alternative » Pourquoi pas, soyons fous, appeler de nos vœux un autre réseau social, respectueux de la vie privée ? L’espoir est permis.

J’ai fait souvent ce rêve étrange et pénétrant…

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » Et j’ai beaucoup rêvé, et je rêve même encore. Quoi de plus étonnant que le rêve ? Quoi de plus mystérieux ? On se souvient tous de certains de ses rêves, qu’il serait d’ailleurs parfois plus juste d’appeler cauchemars ; on s’est tous réveillé au moins une fois en sueur, en pleine nuit, par leur faute. Et pourtant, le rêve est très obscure, on ne le cerne pas bien : on n’arrive pas à le comprendre. D’où vient-il ? Que nous dit-il, si tant est qu’il nous dise quelque chose ? Le rêve a de quoi fasciner ; il me fascine…

Quand j’étais jeune, j’ai l’impression que je rêvais plus. En tout cas, les rêves de mon enfance m’ont plus marqué : il y a quelques jours, le souvenir d’un rêve que j’ai l’impression d’avoir souvent fait m’est revenu. Je suis seul dans ma maison, et j’ai l’impression que quelqu’un, ou quelque chose me veut du mal. Me poursuit, même. Je fuis. J’ai intensément peur. La chose se rapproche, je n’ai aucune idée de ce que c’est. Une masse sombre, dans mon esprit, mais j’en ai peur, peur au point de ne même pas oser la regarder ensuite. Car, désespéré, je finis par me rouler en boule sur un tapis, à cacher ma tête dans mes bras, à fermer les yeux, fort. Je me livre à la « bête », mais je suis tellement angoissé que je tremble, me resserrant en boule encore plus, forçant encore plus mes yeux à rester clos, ma tête à se cacher. La chose semble se rapprocher, je l’entends, je la sens. Et quand elle parvient à moi, dès l’instant où, semble-t-il, elle allait s’attaquer à moi, je me réveillais.

En achevant de le décrire, il me fascine plus encore. C’est une tragédie décapitée : toujours le même scénario où je ne peux pas fuir, où j’ai peur et tente de me faire tout petit, de disparaitre ; et toujours à l’instant fatidique, quand mon poursuivant m’atteignait, je me réveillais. Je me demande quand précisémment je l’ai fait, et combien de fois. J’ai le sentiment de l’avoir fait à de nombreuses reprises, à une certaine période, mais tout est flou : n’est-ce pas, au fond, inhérent au rêve ; ce qui le rend par ailleurs si enthousiasmant ? Ce scénario onirique est « typique » pour Freud, qui cède sans doute, comme à son habitude, à une de ces sur-interprétations sexuelles dont lui seul a le secret. À vrai dire, je ne sais même pas ce qu’il en écrit, mais une hypothèse toute autre est avancée par Antonio Fischetti dans un hors-série de Science et Avenir sur le rêve, publié en décembre 1996 : « le scénario de poursuite serait dû au relâchement musculaire qui accompagne le sommeil, la sensation de paralysie déclenchant un désir instinctif de fuite hérité de nos ancêtres des savanes. » On le voit bien : on est loin d’éclaircir définitivement la question de l’origine de ce rêve. Il en va de même pour tous les rêves, et c’est peut-être ce doux brouillard qui les entoure qui les rend si fascinants.

Je me souviens maintenant d’un autre rêve que j’ai fait, plus jeune, et qui m’a profondément marqué. Il est d’un autre genre ; plus précis, plus complexe aussi. J’étais à l’école primaire à l’époque, mais le traumatisme de ce cauchemar fut tel que je m’en souviens très précisémment, alors que je ne l’ai fait qu’une fois. J’étais de nouveau chez moi, avec mes parents et mon frère. Tous avaient l’air tristes et pour cause : le journal télévisé annonçait un compte à rebours avant la « fin du monde », ni plus, ni moins. Il devait rester quelques jours, nous étions donc tous inquiets, même le présentateur à la télé paressait grave. Dans le même temps, il semblait que ce compte à rebours était matérialisé par un système ahurissant (c’était un rêve…), qui devait trôner sur la table de notre salon : une bougie allumée, et une petite bille à l’image de la Terre qui lévitait à la hauteur de la flamme, distante d’elle de quelques centimètres, et de laquelle elle semblait inexorablement se rapprocher. Et c’est là que je pêche : par curiosité, peut être, je touche la bille, mais je lui donne alors involontairement une impulsion vers la flamme où elle termine, précipitant l’apocalypse. Alors, dehors, le vent s’est levé. La « fin du monde » se révélait être une tempête venteuse extrême. Tandis que tout à l’extérieur était battu par des bourrasques meurtrières, dans notre foyer, c’était la panique. Je crois que l’on me tançait d’avoir accéléré la destruction de la Terre, je devais pleurer d’ailleurs. Mais finalement, le vent se tut. Nous avions survécu à l’apocalypse, nous sommes donc sortis, devant la maison, pour constater les ravages de la tempête. Je me souviens, et c’est à nouveau incohérent, qu’une brique était un peu sortie de notre mur, mais il semblait que c’était le seul dégât. Deux voisines remontaient la rue, tout sourire ; c’était une mère et sa fille. Elles semblaient même n’avoir rien subi, le monde d’ailleurs semblait n’avoir en fait rien subi. « C’était juste ça la fin du monde ? », s’étaient-elles amusées à nous dire, en substance. Et je me réveillais. Plusieurs jours, ensuite, ce rêve me hantait ; j’avais été déconcerté par lui, je déprimais par la faute de ce cauchemar.

Ce qui est fascinant, avec tous ces mauvais rêves, c’est la puissance créative du cerveau ; le dernier scénario en est un exemple troublant. Il semble que, pendant le sommeil, notre créativité est sublimée, libérée et se déploie jusqu’à notre réveil. N’a-t-on pas d’ailleurs entendu cette légende selon laquelle Cardan a trouvé la solution de l’équation du troisième degré dans un songe ? « La nuit porte conseil », dit-on… Mais outre cette puissance, c’est ce sentiment de ne plus nous appartenir qui est marquant. Quand nous rêvons, nous ne sommes plus nous-même ; nous ne sommes plus maîtres de nous. Nous ne choisissons en effet pas le rêve, nous ne le modelons pas à nos désirs (pour preuve, nos cauchemars) : nous le subissons. Nous le subissons comme s’il était un démon qui viendrait nous posséder, alors qu’il n’est que notre création à nous, mais une création qui nous dépasse. Le rêveur nocturne est son propre tortionnaire.

C’est assez étonnant, d’ailleurs, que je ne me souvienne que de mes cauchemars. Ce n’est même pas tout à fait vrai : je me souviens aussi de quelques rêves plutôt neutres (un très court, par exemple ; j’étais dans la peau d’un Mario, ce héros de jeux vidéos de Nintendo, et je sautais d’une île à une autre, tout simplement), mais ceux qui m’ont le plus marqué sont des cauchemars. Bien sûr, je rêve encore, et je n’ai pas fait que des cauchemars. Il m’arrive souvent (mais cela doit avoir une raison biologique qui m’échappe) que, réveillé un peu plus tôt que d’habitude le matin, somnolent dans mon lit, je me rendorme en me mettant à rêver, tiré ensuite brusquement du rêve par quelque réveil bruyant ; la ponctualité devient une dictature dans nos sociétés modernes.

D’ailleurs, à ces instants là, il est très désagréable d’être extirpé d’un rêve, fût-il banal. Il est amusant de constater à quel point être tiré d’un rêve en étant réveillé brusquement, sans que le rêve n’ait pu se terminer, est vexant, énervant même. Combien de fois je me suis réveillé, le matin, à l’appel de ma mère qui coupait brusquement la projection de mon film onirique, déçu qu’il ne se soit pas terminé. Déçu, presque, de ne pas pouvoir connaître la fin. C’est extraordinaire de pouvoir être surpris par soi-même ; ce rêve, qui était ma création, j’aurais aimé en connaître la conclusion ! Comme si l’auteur d’un livre le lisait en le découvrant ; comme si le réalisateur d’un film à suspens succombait à sa propre création en ne connaissant pas le fin mot de l’histoire. C’est le paradoxe du rêveur nocturne que d’être à la fois le créateur et le spectateur ; au fond, le rêve est cette partie de nous qui est seule capable de nous surprendre nous-même.

Gaston Bachelard a écrit ce texte sublime à propos du rêve :

« Dans les quarante ans de ma vie de philosophe, j’ai entendu dire que la philosophie reprenait un nouveau départ avec le cogito ergo sum de Descartes. J’ai dû aussi énoncer moi-même cette leçon initiale. Dans l’ordre des pensées, c’est une devise si claire ! Mais n’en dérangerait-on pas le dogmatisme si l’on demandait au rêveur s’il est bien sûr d’être l’être qui rêve son rêve ? Une telle question ne troublait guère un Descartes. Pour lui, penser, vouloir, aimer, rêver, c’est toujours une activité de son esprit. Il était sûr, l’heureux homme, que c’était lui, bien lui, lui seul qui avait passions et sagesse. Mais un rêveur, un vrai rêveur qui traverse les folies de la nuit, est-il sûr d’être lui-même ? Quant à nous, nous en doutons. Nous avons toujours reculé devant l’analyse des rêves de la nuit. Et c’est ainsi que nous sommes arrivés à cette distinction un peu sommaire qui cependant devait éclairer nos enquêtes. Le rêveur de la nuit ne peut énoncer un cogito. Le rêve de la nuit est un rêve sans rêveur. Au contraire, le rêveur de la rêverie garde assez de conscience pour dire : c’est moi qui rêve la rêverie, c’est moi qui suis heureux du loisir où je n’ai plus la tâche de penser. »

Le rêve est un marteau qui casse le cogito, cette idole intouchable de la philosophie moderne. Car le rêveur de la rêverie ne veux pas dire « je pense », alors que celui de la nuit, c’est-à-dire moi poursuivi ou dans les tourments d’une fin de monde, ne peut plus dire « je suis ». C’est cela, au fond, le rêve. C’est une libération du monde matériel, une libération du rationnel ; un espace hors de l’espace, un endroit à part. Un endroit intime, aussi. C’est, chaque nuit, chaque instant que l’on se prend à rêvasser, notre imagination qui se venge de la raison.

Peinture fraiche

Ce blog tombait en décrépitude, n’offrant plus rien à lire depuis quelques mois, mais je ne suis pas mort. Mieux, j’ai tenté de ranimer le cadavre. Nouveau design, plus soigné, plus serein. Et avec ce renouveau printanier fleurissent aussi des questions ; pour écrire quoi ? Pour qui ? Comment ? Questions existentielles du blogueur solitaire… Tout le temps, en effet, que je m’attelais à réhabiliter ce lieu, la question de savoir ce que je pourrai bien y écrire m’a hanté et me hante encore. Auparavant, je parlais beaucoup d’informatique, de logiciels libres et d’Ubuntu ; parfois, je publiais quelques billets aux considérations un peu plus générales, mais ils restaient rares. Aujourd’hui, je veux me réapproprier ce site, parler de ce que je veux, de ce qui me vient à l’esprit. Je veux pour nouveau principe de mon blog cette phrase de Jean-Paul Sartre : « Pour que l’événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu’on se mette à le raconter. »

Mais pourquoi diable parler de soi à la face du monde, sur Internet ? Car parler de tout et de n’importe quoi, c’est-à-dire en fait, parler de soi, n’intéresse sans doute pas grand monde. Qui plus est, cela pose un problème de vie privée, car tout ce qui s’écrit ici reste gravé, presque ad vitam æternam, dans le marbre du Net. Et pourtant, je me suis décidé à le faire. Non pas, bien sûr, à exposer en ineptes logorrhées les tribulations d’un adolescent ordinaire, mais bel et bien à parler de tout, à m’interroger sur l’ordinaire, à continuer de traiter le logiciel libre, à écrire, à raconter tout ce que j’aurai envie de raconter. Aucun thème, aucun sujet, uniquement le carnet de mes pensées ; le miroir, au fond, de mon esprit. Et tout cela en gardant constamment à l’esprit que malgré l’intimité de la pensée, ce qui sera publié ici pourra être lu par tous.

Je n’attends pas de succès, je ne cherche pas une quelconque popularité. Ce blog ne cherche pas à faire du trafic ; je n’ai pas de pub, je ne gagne rien à travers lui. Je le destine simplement à ceux qui voudront me lire, à des amis qui voudraient mieux me connaître, à des internautes qui tomberaient par hasard dessus au détour d’une navigation, à des utilisateurs de logiciels libres confrontés à un problème, … Car la question posée, ici, n’est autre que « pourquoi écrire ? »

Écrire pour aider, pour informer, évidemment. Mais aussi écrire pour garder une trace, écrire pour susciter l’écho, créer des liens, défendre. Et bien sûr, écrire pour soi-même, pour se connaître mieux et se faire mieux connaître (car au fond de tout acte, il y a toujours un petit brin d’égoïsme). Voilà les réponses que j’apporte à cette question, et qui me motivent à faire revivre cet espace que je veux, encore et toujours, et peut-être même, plus que jamais, espace de libertés.

Comme avant, l’ensemble de mes publications sont sous licence Creative Commons Paternité - Partage des Conditions Initiales à l’Identique 3.0 Unported, c’est-à-dire en moins barbare que tout un chacun est libre de reproduire et de diffuser mes articles, et même de les modifier, en respectant cependant deux principes : la paternité (il faut préciser que j’en suis l’auteur) et le partage des conditions initiales à l’identique (si vous modifiez un article, vous devez le diffuser sous une licence compatible ou similaire). Mes textes et tout ce qui en dérive seront donc toujours librement utilisables, grâce à cette deuxième condition. Je tiens à garantir cette liberté de mes textes. La culture est en effet pour moi comme la flamme d’une chandelle : elle peut allumer d’autres chandelles sans s’éteindre pour autant ; ce que je donne, je ne le perds pas, mais l’autre le gagne. C’est aussi pour cela que je publie sur Internet, pour apporter ma pierre, fut-elle ridicule, à l’édifice de la culture numérique et, in extenso, de la culture tout simplement. L’espace de liberté que se veut être ce site se caractérise aussi par la possibilité d’écrire des commentaires qui sont tous, hormis les spams, publiés instantanément, sans contrôle préalable ni censure postérieure, tant qu’ils ne tombent pas sous le coup de la loi. Mais les anciens billets le montrent déjà fort bien.

Voilà donc ma nouvelle philosophie de blogueur libre et solitaire. Elle se traduit dans ce nouveau thème, plus soigné, moins « technologique » aussi, qui met davantage l’écrit en valeur. Certains articles on été retirés, parce qu’ils ne me plaisaient pas. D’autres ont été légèrement modifiés pour s’adapter au nouveau thème. Mon aspiration à parler de tout me pose un dernier problème : que faire des catégories ? Je verrai, avec le temps, quel sort leur réserver. Mais le gros des travaux est fait, ces quelques arpents de Net dépoussiérés sont de nouveau prêts à m’abriter, et je suis de nouveau prêt à y écrire et à vous y accueillir. N’hésitez pas, d’ailleurs, à me signaler les éventuels problèmes que vous rencontriez ; la peinture est encore fraiche, il est tout à fait possible que subsistent quelques défauts.

À bientôt !

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